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Neues Jahrbuch fur Mineralogie,
Monatshehefte, 2001 (8), 337-351

La micheelsenite,
(Ca,Y)3Al(PO3OH,CO3)(CO3)(OH)6 · 12H2O,
un nouveau minéral
du Mont Saint-Hilaire, Québec, Canada et
de la pegmatite de Nanna, Narsaarsuup Qaava, Groenland.

McDonald, A.M., Petersen, O.V., Gault, R.A.,
Johnsen, O., Niedermayr, G.,
Brandstätter, F. et Giester, G.

SOMMAIRE

     La micheelsenite, idéalement (Ca,Y)3Al(PO3OH,CO3)(CO3)(OH)6 · 12H2O, antérieurement désignée UK32 a été approuvé comme nouveau minéral par la "Commission on New Minerals and Mineral Names", IMA. Les localités types sont la pegmatite de Nanna, Narsaarsuup Qaava, du sud du Groenland et la carrière Poudrette, Mont Saint-Hilaire, Québec. Son nom honore le Dr. H.I. Micheelsen (1931- ), qui a découvert la pegmatite de Nanna, et pour ses contributions à la minéralogie de roches alcalines, spécifiquement celles du sud du Groenland. Le matériel co-type est préservé au Musée Canadien de la Nature (Ottawa, Canada) CMNMC 83049 et CMNMC 83050, et su Musée Géologique de l'université de Copenhague (Copenhague, Danemark) G.M.2000.250.

     La micheelsenite fut découverte au mont Saint-Hilaire en avril 1971 par messieurs David Richerson, Jacques Bradley, et Col. Quintin Wight. M. Richerson a démontré que l'espèce était potentiellement une nouvelle espèce et lui donnait la désignation UK32 et WMC-1 (Worchester Mineral Club). L'espèce fut ensuite découverte à la pegmatite de Narssârssuk en 1988 et désignée espèce non identifiée. Du matériel de qualité supérieure a été trouvé par la suite à la pegmatite de Nanna, Narsaarsuup Qaava, au sud du Groenland.

     Au mont Saint-Hilaire, on la retrouve dans les pegmatites, dans les cavités de silice, dans les interstices de la cornéenne et dans les enclaves de marbre. Lui sont associées aégirine, albite, ancylite-(Ce), catapléite, fluorite, microcline, montérégianite-(Y), natrolite, nenadkevichite, rhodochrosite, et sérandite. Dans les pegmatites on la retrouve en proximité de la rhodochrosite, souvent sur les faces {001}. La micheelsenite a été découverte dans le coin sud-est de la carrière, près de la pegmatite "Poudrette". Ici, lui sont associées calcite, pyrite (parfois oxidé par un matériel pulvérulent rougeâtre non identifié), natrolite, fluorite et titanite.

     La micheelsenite est hexagonale, groupe spatial P63; a 10.828(3),
c 10.516(4)Å, V 1067.8(5)Å3, Z = 2. On la retrouve sous forme de cristaux aciculaires à fibreux formant des agrégats sphériques (diamètre maximum de 3 mm) et en groupes libres de fibres feutrées. Les cristaux sont fortement striés selon l'axe [001] et sont terminés par un pinacoïde sur {001}. Les sections hexagonales sont généralement < 5 µm, rarement jusqu'à 0,3 mm de diamètre. Le minéral est blanc à incolore, translucide à transparent, à éclat vitreux et une rayure blanche. La micheelsenite provenant des interstices de la cornéenne forment de petites plaquettes arrondies (0,6 mm de diamètre x 0,1 mm d'épaisseur). Ces plaquettes sont opaques lorsque vues selon [001] mais transparentes lorsque vues de côté. Le minéral est cassant, à cassure fracturée, ayant de bons clivages sur {100} et {001}. Elle a une dureté de Mohs d'environ 3,5 à 4, une densité mesurée et calculée de 2.15(1) et 2.17(1) g/cm3 respectivement, et ne présente aucune fluorescence sous longue ou courte longueurs d'onde. La micheelsenite est uniaxe négative, non-pléochroïque à w 1.532(1) et
e 1.503(1).

     La structure cristalline a été déterminée et sera l'objet d'un prochain papier. La structure de base est consistente avec celle des minéraux du groupe de l'ettringite.

© 2001  Neues Jahrbuch fur Mineralogie